jeudi 5 septembre 2013

Chaque jour que dieu fait, le charme à l'italienne

 
 
Voilà un film plein de charme. Un typiquement italien, avec les bras qui gesticulent, les décibels qui montent et un soupçon de la célébrissime dolce vita.
 
Le synopsis ne révèle qu'un couple que tout sépare. Mais qui pourtant s'aime depuis 6 ans. Et décide de faire un bébé. Lui, c 'est un cultivé à outrance,un presque parfait qu'on aimerait parfois voir un peu s'emporter. Elle, c 'est une musicienne dans l'âme, une torturée. Leurs routes ne se croisent qu'au petit matin quand l'un rentre de son travail de nuit tandis que l'autre se lève pour aller, en trainant des pieds, gagner quelques sous pour payer le loyer.
 
Ce qui est sous jacent et qui finalement devient central dans le film, c'est la croisade qu'ils vont mener pour devenir parents. Sont mis en lumière le thème de la fertilité et le combat que connaissent les couples stériles, la lourdeur des traitements et les failles que tout cela provoque chez les en attente d'enfants. C'est vraiment un sujet pesant qui est abordé tour à tour avec profondeur, avec pragmatisme et avec plus de légèreté et quelques touches d'humour parfaitement placées et qui évitent un dramatisme excessif.
 
On sourit, on s'amuse du côté méditerranéen de ces amoureux, on s'accroche à leurs espérances, on pleure sur leurs échecs... De très très belles scènes, très esthétiques, notamment ce passage en bord de mer presque magique où Antonia déconnecte totalement de la réalité et vit des instants de folie féérique ; le final qui est filmé sur différents modes et qui apporte une belle originalité ou encore l'endroit fabuleux où ils s'exilent pour s'essayer à des techniques sectaires dans l'espoir d'enfin réussir à concevoir le bébé dont ils rêvent.
 
Ce film m'a permis de découvrir Luca Marinelli qui est d'une justesse incroyable et que j espère revoir à l'écran prochainement. Un peu moins convaincue par Federica Victoria Caiozzo qui semble plus figée et moins à l'aise.
 
Un film frais et sans excès qui ne laisse pas indifférent...
 
 

mardi 3 septembre 2013

Lone Ranger, naissance d'un héros

 
Je ne suis pas une experte du western (il va falloir que je rattrape mon inculture) mais la présence d'un Johnny Depp, une fois encore à contre-emploi et dans un rôle à la mesure de son talent a suffi à me donner l'envie de pousser les portes de mon cinéma.

Indien en quête de vengeance, il croise la route d'Armie Hammer, un jeune avocat pétri de principes qu'il va apprendre à remettre en question. Lone Ranger est le héros d'une série télévisée des années 50 et Tonto, l'indien qu'incarne Johnny Depp est apparemment un personnage connu de tous outre-Atlantique. Remis au goût du jour, il garde néanmoins la saveur des épopées d'antan autant grâce aux décors très travaillés et grandioses, aux paysages du Nouveau-Mexique qui évoquent une autre époque et à une BO typiquement far-ouest. Quant au casting, il brille par sa pertinence. Le tandem tête d'affiche tout d'abord qui s'avère parfaitement assorti: à l'insolence de Johnny Depp se confronte la rigueur d'Armie Hammer ce qui crée évidemment pas mal de situations comiques. Un William Fichtner grimé au point qu'on a peine à le reconnaître excelle comme à son habitude dans un rôle de méchant à vous donner la chair de poule. Quant à Helena Bonham Carter qui retrouve son acolyte dans autre chose qu'un film de Burton, elle campe la patronne d'un espèce de saloon aux mœurs légères et impressionne par sa prestance et son charisme.
 
J'émettrai quand même quelques bémols. Tout d'abord la durée du film. Au moment où l'on espère la chute pour cause de quelques longueurs et d'un excès d'actions qui laissent à penser à un dénouement prochain, on repart dans un nouveau chapitre de l'histoire. Heureusement ce chapitre redonne un coup de sang à l'intrigue grâce à une course poursuite impressionnante. Et justement cette course poursuite est flanquée d'un air de Guillaume Tell qui donne un côté kitch à la scène. Il faut un temps d'adaptation avant que l'action prenne le dessus sur ces notes qui évoquent surtout pour moi Digger, ce jeu qui a bercé mon adolescence et le premier pc qui l'a accompagné.
 
Pour le reste, même en inculte du western, j'ai retrouvé l'ambiance qui se dégageait des bandes dessinées de Lucky Luke et cela m'a donné envie d'en découvrir d'autres. Ce qui est déjà signe que ce film n était pas inutile.
 
J'ai passé un moment vraiment sympathique à suivre ce ranger masqué qui a soif de justice et à m'amuser des loufoqueries de cet amérindien qui a l habitude de voyager en solo et qui se voit affubler d'un jeune homme dont les maladresses l'agacent prodigieusement. Le film est bien construit, extrêmement bien réalisé et visuellement très réussi.
 
Un film que je vous recommande (en VO si possible, c est tout ce qui m'a manqué pour le savourer pleinement!)
 
 
 

lundi 2 septembre 2013

Les flingueuses

 
 
Je ne manque aucun des films dans lesquels joue Sandra Bullock. Capable de sérieux comme d'autodérision, je trouve que c est une actrice vraiment à part et de surcroit extrêmement sympathique.
 
Pour l'accompagner dans ces aventures, Mélissa McCarthy à qui la comédie va définitivement comme un gant. Ce duo improbable de flingueuses va nous entraîner dans 2 heures de rires et de situations drôlissimes. Honnêtement ce n'est probablement pas le film de l'année mais il a ce petit plus qui permet de ressortir du cinéma avec une pêche et un sourire scotché aux lèvres. Les répliques sont savoureuses et font mouche et le duo Bullock/McCarthy forment une équipe complètement déjantée mais qui semble totalement crédible.
 
J'ai lu quelques critiques qui démolissaient le film mais même si le scénario n'a rien d'original, il est loin d'être la catastrophe annoncée. Certes il s'appuie essentiellement sur l'alchimie qui existe entre les 2 têtes d'affiche mais c'est à mon sens pour le grand plaisir des spectateurs. Sandra Bullock engoncée dans un tailleur strict qui croise la route d'une fliquette au caractère trempé et dont la vulgarité n'a d'égale que son absence totale de féminité, cela suffit à générer une succession de gags bien lourds mais qui divertissent à merveille. C'est ce qu'on demande principalement à un film, non?
 
Une petite touche de sentiments bien dégoulinants mais qui est tout de suite gommée par des répliques cinglantes et bien pensées. J'ai trouvé qu'il y avait un joli équilibre dans ce film qui vient probablement des caractères opposés des 2 personnages féminins. Je ne voudrai pas vous laisser penser que c'est un gros coup de cœur mais rire au cinéma est tellement rare ces derniers temps que rien que pour cela, je recommande ce film sans prétention mais qui a le mérite de faire passer un bon moment.
 
PS: par contre, j avoue que l'affiche et la retouche qu'ils y ont apporté font un tantinet foutage de g....!
 
 
 

dimanche 1 septembre 2013

Jobs, un biopic réussi

 
Ipad, IPhone, ITunes, je crois que tous ces noms font partie d'un vocabulaire courant que personne ne peut ignorer. Par contre avant le mois d'Octobre 2011, le nom de Steve Jobs ne me parlait pas spécialement. Son décès aura rendu à César ce qui appartient à César à savoir le mérite d'avoir créé une multinationale dont les succès ne se comptent plus.
 
Ce film permet de comprendre d'où est parti Jobs et la progression qu'il a suivi pour en arriver là. Certains trouvent dommage que le film se soit arrêté en milieu de chemin mais pour moi, ne pas se focaliser sur l'IPhone ou l'Ipad n'est pas un manque puisqu'on connait tous l'incroyable destin de ces produits que l'on trouve dans grand nombre des foyers d'aujourd'hui. Il est nettement plus intéressant de se concentrer sur ses débuts, sur qui il était humainement. Et de ce point de vue là, la première partie du film m'a donné envie de boycotter totalement Apple (je sais çà semble compliqué!) tellement Jobs m'a paru antipathique. Il ne devait pas faire bon vivre ou travailler à ses côtés à une certaine époque...
 
Quant à Ashton Kutcher qu'on cantonne généralement aux rôles de jeunes premiers dans des films romantico-américains de base, je l'attendais au tournant. Et je sentais venir la déception. Ou plutôt non, je m'attendais à du fade, de l'approximatif, de l'enjolivé. Quelle surprise! Ashton a apparemment travaillé très dur pour se mettre dans la peau de Steve Jobs. Ses mimiques, sa démarche, rien ne semble laisser au hasard. Je regrette d'avoir dû le voir en VF parce que j'aurai voulu savoir s'il en allait de même pour ses intonations. Quoiqu'il en soit, je salue sa performance parce que pour avoir vu quelques photos et vidéos de Jobs, il a été vraiment loin dans l'incarnation de son personnage. Le reste du casting est assez proche physiquement de la réalité ce qui montre un minutieux travail pour être au plus près de ce que fut le quotidien du créateur d'Apple.
 
Replonger dans les années 80 et faire un retour technologique en arrière fait réaliser à quel point nous avons progressé et à quel point nous bénéficions d'une technologie de pointe de laquelle nous aurions du mal à nous passer maintenant. Personnellement, j'ai vraiment apprécié ce biopic qui m'a permis d'aller un peu plus loin dans mes connaissances sur cet homme dont seuls les succès actuels me sont familiers. Il est toujours intéressant de découvrir la face cachée, l'avant de ce genre de réussite fulgurante enfin fulgurante c est ce que je croyais mais finalement je sais désormais qu'il s'est employé à travailler à ce succès depuis des décennies et surtout qu'il s'est donné corps et âme pour en arriver au statut qui est (ou qui était) le sien aujourd hui. 
 
 

mercredi 28 août 2013

Les salauds

 
Il en faut beaucoup pour que je sois choquée par un film autant que par un livre. Parfois il m'arrive d'être révoltée ou même écoeurée. Mais ce que j'ai ressenti au sortir de ce film-là est différent. Les dernières images qui donnent un éclairage au message que veut faire passer Claire Denis résonnent encore bien longtemps après avoir quitté la salle. C'est probablement le but mais c'était définitivement trop glauque à mon goût.
 
Outre le fait que rien ne soit clair dans le scénario, c'est relativement compliqué de trouver une cohérence au film. Une impression que les scènes sont mises bout à bout sans qu'elles apportent de réelles réponses aux questions du spectateur. A ce qu'il me semble avoir compris, Vincent Lindon vient à la rescousse d'une famille à la dérive (ce qui est un faible mot!), celle de sa sœur dont le mari vient de mettre fin à ses jours. Vincent Lindon qui est pour moi le seul atout de ce film, le seul d'ailleurs qui ne soit pas véritablement un salaud. Autour de lui, naviguent tout un tas de personnages pervers, désagréables, paumés (?) dont les liens restent une plus ou moins énigme...
 
J'ai vraiment eu la sensation que la réalisatrice voulait choquer pour choquer sans but qui pourrait justifier certaines scènes insupportables et malsaines. Il n y a même pas un certain esthétisme qui pourrait sauver le film, rien, du néant et cette impression d'avoir perdu de mon temps pour me nourrir d'images et de propos traumatisants.
 
 

mardi 27 août 2013

Percy Jackson, la mer des monstres

 
Je vous préviens d'avance pour ceux qui auraient lu ma critique d'Elysium et qui vont se révolter à la lecture de celle-ci: j'ai des goûts parfois très étranges et qui ne vont pas dans le sens de la majorité.
Autrement dit beaucoup ont crié au navet concernant ce 2ème volet des aventures du jeune Percy Jackson mais pour ma part j'ai passé un moment sympathique.
 
Tout d'abord j'aime particulièrement Logan Lerman que j'avais découvert dans le première opus et que j'avais trouvé très touchant mais surtout qui a totalement illuminé mon gros coup de cœur de 2013 à savoir The perks of being a wallflower (Le monde de Charlie). Et il a une fois encore ces étincelles autant juvéniles que pleines de défi et de témérité dans le regard. Il s'y joue tellement au fond de ses yeux azur...
 
Et puis j'ai un gros faible pour la mythologie, Zeus, Poséidon, Hadès ou encore Cronos, tous ces noms familiers qui ont bercé mon adolescence et que je retrouve avec plaisir comme étant les pères de demi-dieux qui vont jouer un rôle crucial dans la survie de l'Olympe.
 
Alors effectivement je n'ai pas lu la saga de Rick Riordan et j'imagine, pour avoir lu d'autres sagas mal adaptées au cinéma, la déception des fans qui s'attendaient à quelque chose d'apparemment plus précis et qui ne prenne pas autant de liberté. En novice du genre, j'ai apprécié les décors, les rebondissements et les nouveaux personnages (le demi frère de Percy entre autres). Même si le fait de le voir en VF ne m'a pas permis de le savourer autant que je l'aurai voulu.
 
Je revendique haut et fort que je suis loin d'être adepte de science fiction mais j'aime le côté Fantaisy, l'atmosphère mystico-féérique, l'irréalité des personnages de ces fresques épiques (rien ne m'agace plus que le destin du monde qui repose sur les épaules d'un seul homme!!!).
 
Je retrouverai avec plaisir le sympathique Percy pour la suite de ses aventures!
 
 

dimanche 25 août 2013

Elysium, ma très très subjective et rapide critique

 
Bien évidemment, comme vous vous en doutez, World war z ne m avait pas servi de leçon. Je suis foncée dans Elysium tête baissée. Enfin pas tant que çà. Parce qu'au départ, Matt Damon et sa plastique de rêve était un argument majeur vite balayé par une BA qui m'a donné envie de m'enfuir à toutes jambes. J'allais passer mon tour, vraiment, quand j'ai commencé à voir s'amonceler un bon nombre de critiques élogieuses. Ok le film peut avoir plu, mais aux amateurs du genre. Parce qu'une fois encore, j'aurai du suffisamment me connaître pour savoir que celui là allait m'agacer!
 
Parce qu'entre les riches méchants et les gentils sans le sou, les clichés s'ajoutent aux incohérences (oui je sais c est pour çà que cela s'appelle de la science fiction!). Certes, la musculature parfaite du beau Matt fait que j'ai eu un infime intérêt qui m'a tenu éveillée jusqu'au bout. Certes, j'ai trouvé le choix du garçon qui jouait Matt enfant absolument bluffant. Mais, l'accumulation de sur-actions, la caméra qui bouge tellement qu'elle vous donne la nausée, l'hémoglobine en surdose qui m'a fait fermer les yeux à moultes reprises (notamment lorsqu'ils lui implantent la fameuse puce dans le crâne), un scénario médiocre font de ce film un vaste néant qui mise tout sur les effets spéciaux et les scènes de combats. Alors, il est évident que les amateurs du genre vont se régaler de tout ce qui fait le succès de ces films mais pour moi, c'est une perte de temps évidente...
 
Je n'en dirai pas plus, cette critique bien évidemment n engage que moi et mon goût ou plutôt mon dégoût pour ces films qui n'apportent rien de neuf au cinéma...
 
 

jeudi 22 août 2013

Paris Manhattan, un de mes coups de coeur 2012!

 
 
 
 

Jeune et jolie, provocateur et réussi

 
 
Je ne suis pas toujours fan de ce que fait Ozon mais je dois dire que ce Jeune et jolie est un pari autant osé que réussi. Choisissant un thème délibérément provocateur - la prostitution, Ozon le traite néanmoins de manière subtile et loin de la pornographie que beaucoup supposent.
 
Sans nous voir réellement expliquer le pourquoi de la démarche de la sublime Isabelle, on accepte néanmoins qu'elle ait pu se laisser tenter par ce chemin tortueux qui lui a permis de se découvrir et d'assumer cette sensualité qui se dégage d'elle de manière innée et au départ pas vraiment maîtrisée. On suit le parcours sinueux de ces premières expériences, la libération qu'elle en retire peu à peu et surtout ce moment où tout bascule et où elle se rend compte que ses actes ont finalement des conséquences.
 
Lorsque sa double vie est percée à jour, lorsqu'elle doit faire face au jugement des autres, à la colère et au dégoût de sa mère, elle ne peut faire autrement que de rentrer dans le rang et de faire ce qu'on attend d'elle pour se fondre dans la norme. Sans avoir à justifier ainsi de ses motivations profondes et ce qu'elle a cherché à combler en se livrant à la prostitution.
 
Sans voyeurisme, Ozon nous livre une fresque contemporaine qui pousse à s'interroger autant sur les fantasmes qui agitent la jeunesse (et apparemment la gente féminine plus généralement) que sur l'insouciance qui incite à sans cesse repousser ses propres limites.
 
4 saisons, 4 chansons et 4 étapes dans la vie d'une jeune fille de 17 ans. Rimbaud et son fameux On n'est pas sérieux quand on a 17 ans sont ainsi cités et mis en pature à tous ses adolescents qui rêvent de liberté, d'évasion et d'expériences qui les forgeront.
 
Ce film qui semblait devoir me choquer dégage une espèce de poésie mélancolique dans laquelle on se laisse happer et qui nous empêche d'entrer dans un quelconque jugement. Et surtout ce film révèle Marine Vacth qui, pour un premier essai, est absolument subjugante et allie à la fois la juvénilité et  la maturité requises pour ce rôle.
 
Un plaisir également de retrouver Géraldine Pailhas qui est une actrice que j'apprécie beaucoup.
 
Un film à voir autant pour le casting que pour l'intelligence avec laquelle le réalisateur traite ce sujet "choquant"!