mardi 30 juillet 2013

Chez nous, c est trois!

 
 
Jusqu'à Camille redouble, Noémie Lvovsky ne m'avait pas spécialement marqué. Et puis je l'ai découverte lumineuse et malicieuse. Jeanne Millet, son personnage dans Chez nous, c'est trois! , est un peu plus sombre, blasée par la vie et par certains de ses choix même mais garde une pétillance discrète dû probablement au choix pertinent de la faire incarner par Noémie. L'excès de mélancolie nuit malgré tout au film et donne une sensation de longueur à plusieurs reprises. On sent un manque de moyens qui semble aller de paire avec les interrogations et les appréhensions de l'héroïne à qui on impose de revivre un passé révolu alors qu'elle ne rêve que d'avenir et de ce film qu'elle souhaite désespérément réaliser. Différentes fantômes de ce fameux passé vont révéler d'autres aspirations et des objectifs qu'elle n'aurait jamais imaginé.
 
En soi, l'idée est charmante mais elle manque cruellement d'envergure et de profondeur dans le scénario. La marginalité des personnages pourrait donner lieu à une intrigue un peu plus aboutie et aurait mérité d'être un peu plus creusée. J'ai trouvé le final assez sympa, l'explication historique du pourquoi ici on s'arrête à 2 bises alors qu'ailleurs on va jusqu'à 3 :)
 
Et comme je l'ai déjà fait remarqué précédemment, Marie Kremer est toujours dramatiquement mono expressive, son visage et sa tonalité reflètent mal ce qu'elle traverse. Je m'interroge sur ce choix alors que le personnage apporte théoriquement un petit supplément au film. Dommage!
 
Quoiqu'il en soit, on peut se contenter d'un visionnage télévisé, le grand écran n'apportant pas grand chose à ce film dont on regrette l'absence de ce petit plus qui aurait fait une belle différence...
 
 

lundi 29 juillet 2013

L'autre vie de Richard Kemp

 
 
Je viens de me rendre compte de mon oubli. Et pourtant ce film, passé totalement inaperçu, était plutôt sympa. Mélange de policier et de science fiction, il replonge Jean-Hughes Anglade, commandant de police, dans une ancienne affaire qui l'avait profondément affecté 25 ans auparavant.
 
C'est d'ailleurs le seul défaut du film. Faire vieillir Mélanie Thierry ou rajeunir Anglade d'autant manquait quelque peu de crédibilité. C'est le risque dans ce genre de scénario. Malgré tout, le parallèle entre les 2 époques, le lien des 2 personnages, la rencontre entre le passé et l'avenir fonctionne bien. Et c'est vraiment dommage qu'il n'ait pas eu une meilleure publicité. C'est habile, teinté d'un suspens aux judicieuses proportions. Le passage du passé au présent est vraiment bien porté par les décors et permet aisément de voguer de l'un à l'autre.
 
Quant à Mélanie Thierry, quel rôle à la hauteur de son talent! La lumineuse des années 90 gagne en sérénité à l'âge de la maturité. Elle est tout simplement parfaite et le duo qu'elle forme avec Jean-Luc Anglade même s'il peut surprendre n'est pas loin de la perfection. J'ai été profondément touchée par ces 2 personnages centraux, par tout ce que ce retour dans le passé, improbable et surtout pas vraiment prévu au programme va engendrer dans leur futur, tout l'impact, les répercussions qu'une simple rencontre peut avoir non seulement sur leur propre destin mais finalement sur de nombreux destins périphériques.
 
Je ne regrette pas de m'être laissée porter par l'envie de revoir Mélanie sur grand écran parce que j'aurai manqué un film qui n'a fait qu'une trop rapide apparition dans mon cinéma d'art et d'essai alors qu'il aurait mérité tellement mieux...

dimanche 28 juillet 2013

Le congrès, la petite perle qu'on n'attendait plus!

 
 
A une époque où le virtuel tend à prendre véritablement le pas sur le réel, le Congrès met à jour les conséquences à terme de cette virtualisation excessive. Robin Wright qui joue son propre rôle est prise de doutes quant au choix qu'elle doit faire et qui aura un impact essentiel sur son identité et son avenir. Si elle accepte d'être scannée et devenir la propriété et le jouet de la Miramount, il lui faudra renoncer à vivre sa passion au grand jour. Fini donc pour elle le plaisir de jouer.
 
Le moment où elle est scannée est tout bonnement sublissime. Quelle prouesse nous livre Robin Wright! Elle m'a tiré des larmes d'émotion intense...
 
Quand elle réapparait lors d'un congrès 20 ans après sa virtualisation, elle découvre ce que le monde est devenu. A ce moment là le film se transforme et devient animé. Il faut un certain temps pour s'habituer aux couleurs bariolées, à l'ambiance qui règne dans cette seconde partie. La qualité de la reproduction de Robin Wright en personnage de dessin animé est étonnante. Elle plonge dans un univers angoissant où l'artifice, la ressemblance collective font légion. Tout est à portée et finalement plus rien n'a de valeur. De fil en aiguille, elle continue de voyager dans le temps et se trouve projetée dans un univers où à l'aide d'une drogue, il est possible de choisir ce que l'on souhaite être. L'individualité disparaît totalement au profit d'une superficialité à l'excès. De quoi donner le tournis à l'héroïne qui voudrait que cette population pervertie sorte de sa torpeur et se rende compte à quel point vivre dans la réalité peut être enrichissant.
 
La seconde partie (divisée elle aussi en 2) peut paraître un peu rébarbative et probablement un tantinet trop barrée pour le commun des mortels mais pour ma part, j'ai respiré à pleins poumons cet air original, ce concept certes déroutant mais novateur qui m'a littéralement emballé.
 
Le réalisateur qui a longuement et profondément muri son sujet nous livre un film inclassable mais indéniablement intense et abouti. A voir et à savourer!
 
 

mercredi 24 juillet 2013

Solaire Frances Ha

 
 
Ne vous méprenez pas: le noir et blanc de Frances Ha ne vous emmènera pas aux confins d'une époque lointaine. Au contraire, ce film est moderne et contemporain et la personnalité de Frances suffit à colorer l'intrigue. Traitant d'un thème qui parlera à un grand nombre de notre jeunesse actuelle, l'adulescence, Frances Ha nous lance sur les traces d'une artiste danseuse qui doit revoir ses aspirations à la baisse pour entrer dans le sombre monde des adultes. Mais c'est en fait simplement reculer pour mieux sauter. Parfois les rêves semblent tellement peu à portée qu'on se trouve dans l'obligation de dévier notre chemin, d'allonger un peu notre route pour parvenir à nos fins. C'est ce message que fait passer Noah Baumbach.
 
Pour ce faire il s'offre une comédienne véritablement solaire, qui attire le regard et la sympathie: Greta Gerwig. La caméra l'aime autant que le spectateur. Son personnage croque la vie à pleines dents et fait de Carpe Diem son crédo quotidien. Chaque étape de sa progression s'accompagne d'un déménagement et ce changement de décor est pertinent et nous aide à mieux cerner sa psychologie et les émotions autant que les doutes qui peuvent la traverser.
 
Le film est intelligemment construit et ne s'évapore pas dans des considérations inutiles. Il se centre sur l'héroïne et ne s'encombre pas d'histoires superflues. Chaque personne qui croise la vie de Frances aura forcément un impact direct sur sa vie et sur la construction de son destin.
 
Le tout repose sur une bande son de qualité et sur un visuel subtil et esthétique. New York sublimé par le noir et blanc habilement choisi par le réalisateur apporte une touche intemporelle à l'intrigue et fait de Frances Ha un film qui porte et qui illumine...
 

 

Paris à tout prix, jolie surprise estivale

 
Si j étais impatiente de découvrir Paris à tout prix, bien avant même d'avoir vu la bande annonce, c'est pour cause de François-Xavier Demaison au casting. Certes son apparition à l'écran est un peu courte à mon goût mais quel plaisir malgré tout de le retrouver :)
 
Paris à tout prix met en scène une jeune marocaine qui, pour s'intégrer parfaitement à la culture française, a totalement occulté ses racines et le pays d'où elle vient. It girl par excellence, elle évolue dans l'univers fermé et très élitiste de la mode. Habituée aux strass et paillettes, elle voit son monde s'écrouler suite à un malencontreux oubli de renouvellement de son permis de séjour. Forcément, pour elle, son statut de résidente permanente lui est acquis et elle n'imagine pas une seconde qu'elle va devoir retourner à la case départ et affronter ce père et cette famille qu'elle a fui.
 
Voilà donc Maya de retour au bercail, un bercail dont elle a oublié tous les codes et qui lui renvoie à la figure à quel point elle n'a plus rien de marocain qui coule dans ses veines. Sauf que...Va-t-elle parvenir à ses fins, retrouver son pays d'adoption et décrocher le CDI tant convoité? Alors oui, effectivement, on imagine sans peine le happy end, sa prise de conscience, la remise en question de ses valeurs. Tout est relativement convenu. Mais il y a une telle lumière, une pétillance naturelle chez Reem Kherici (également à la réalisation de ce premier film) qu'on embarque nécessairement sur le chemin méandreux que va emprunter l'héroïne.
 
 Le casting est savoureux notamment une Cécile Cassel pleine d'humour et de peps. L'ambiance méditerranéenne, les pieds de nez toujours drôles et jamais excessifs autant à l'égard du monde de la mode que de la culture marocaine  font de Paris à tout prix la jolie surprise estivale.
 
 On rit, on verse quelques larmes, on s'amuse des certitudes et de l'égocentrisme des parisiens et on s'attendrit de cette famille qui dit si bien le manque...Le panel d'émotion est savamment dosé et on passe un très bon et très rafraîchissant moment cinématographique.

 
 
 
 

mardi 23 juillet 2013

Ma première bougie



Il y a tout juste un an, je décidais de me lancer dans le vaste monde de la blogosphère! Tout d'abord pour livrer, exorciser anonymement tout ce qui traverse la vie et l'esprit d'une fille (un jour, j'arriverai à dire femme ;)!!!).
 
Mais en cours de route, j'ai changé mon fusil d'épaule et me suis dirigée vers du partage, de l'échange, du culinaire, du littéraire et de la cinéphilite aigüe. Et de fil en aiguille, j'ai grandi, appris à maitriser les codes, découvert d'autres blogs et des personnes toutes plus sympathiques les unes que les autres.
 
Ce qui était un coup de tête, du totalement non-réfléchi s'est transformé en un plaisir et en une jolie habitude quotidienne. Désormais chaque petit plat est immortalisé et partagé, à chaque sortie des salles obscures, j imagine déjà les mots, les arguments, le positif et le négatif que je vais pouvoir ajouter à ma critique... En bref, je vis, je respire souvent blog. C'est une espèce de petit lien qui s'est tissé petit à petit, une petite toile dans la vaste Toile qu'est Internet.
 
Alors aujourd'hui, en ce jour historique (mais non, mais non, je n'exagère pas) et pour souffler cette première bougie, je voudrai vous dire un immense MERCI à tous, passagers éphémères, visiteurs qui déposent régulièrement une petite trace, anonymes récurrents, amis et famille toujours présents, bloggueur(se)s fidèles. Merci pour chacun de vos passages, merci pour le temps consacré, merci pour votre intérêt, Merci, merci, merci :)
 
Et si on se donnait RDV dans un an???
 
PS: J en profite pour souhaiter un très bon anniversaire à mon neveu adoré qui souffle lui ses 2 bougies <3
 

mardi 16 juillet 2013

Le grand méchant loup, le film qui m'a laissé sur ma faim!


Les 3 petits cochons de la célèbre fable sont devenus Riri, Fifi et Loulou. Pour le reste, tout est aux normes. Les maisons respectivement en paille, en bois et en brique, le loup qui prend la forme d’une expression populaire d’antan, les frères cadets qui ne pensent qu’à leur plaisir et ne songent pas au lendemain et aux conséquences de leurs actes et l’ainé sur qui on peut compter, le solide, le réfléchi.
Ce qui aurait pu être une bonne idée de scénario m’a laissé franchement sur ma faim (de loup !). Le casting des frères ne m’a pas convaincu. Chacun dans leur genre, ils font bien leur boulot mais en trio, ils manquent de crédibilité. La réalisation est plutôt bien pensée. L’histoire commence par la vision d’un des frères puis s’oriente sur celle d’un des 2 autres qui éclaire les évènements du précédent tableau et ainsi de suite. C’est habilement organisé mais il manque quelque chose. Je ne saurai malheureusement pas dire quoi. J’ai eu cette sensation que le film cherchait coûte que coûte à faire rire avec des gags trop gros, un humour trop gras… Cela dessert l’aspect « conte de fée » même modernisé qui émane du titre.
Pour ne pas trop spoiler, je ne dévoilerai pas l’élément qui m’a plu dans le film à savoir le final qui donne une morale à l’histoire. Parfois pour que la brique soit aussi solide qu’espérée, il faut d’autres éléments qui s’y rajoutent et qui vont servir à consolider les fondations de la maison. Métaphoriquement bien évidemment mais j’ai trouvé çà assez bien joué J
Pour le reste, j’ai eu la sensation  que le film mettait du temps à s’ « originaliser » ce qui crée pas mal de longueurs. Alors oui, Versailles et son château by night, c est sympa, oui Charlotte LeBon en grand méchant loup c’est la cerise sur le gâteau et oui Zabou Breitman est parfaite dans son rôle de femme du frère qu’il fallait épouser (comme souvent !) mais malheureusement çà n’a pas suffi…

lundi 15 juillet 2013

Les reines du ring, la bonne surprise


Un film dont je n’avais pas vu la BA mais que la simple présence de Marilou Berry avait suffi à me vendre ! J’avoue que l’affiche me faisait un peu peur. Et finalement j’ai passé un super moment. Cela faisait un certain temps que je n’avais pas ri de si bon cœur devant un film ! J’ai lu des critiques qui descendent violemment le film et j’avoue que je ne comprends pas trop pourquoi. Certes, on n’a pas affaire à un futur Césarisé mais il n’a pas cette prétention non plus.
Les actrices, toutes des caricatures dans leur genre, assurent carrément. La palme va à Corinne Masiero qui est à mourir de rire, qui joue une ch’ti version bouseuse qui se fout totalement de son apparence (d’où des scènes d’une drôlerie étonnante !). Mais les autres ne déméritent pas de la belle Audrey Fleurot qui joue les bimbos, à André Dussolier dans le rôle du coach qui reprend du servie, à Nathalie Baye à qui l’humour va finalement très bien et bien sûr à Marilou Berry, tout droit sortie de prison et qui se prend de passion pour le catch pour impressionner ce fils qui ne lui fait plus confiance. Sans oublier Isabelle Nanty, la patronne tyrannique du supermarché où exerce cette bande de catcheuses du dimanche !
Vous l’aurez compris, le casting est très sympathique et porte brillamment le film sur ces épaules. On y découvre l’univers du catch que je ne connaissais pas et qui s’avère être avant tout un « sport » de spectacle et de démonstration. Ajoutez à cela une ambiance potache, solidaire, des premiers pas balbutiants pour les apprenties catcheuses et des costumes kitchissimes vous obtiendrez un film bon enfant qui atteint son but à savoir faire passer un bon moment et surtout faire réellement rire ce qui n’est pas toujours le cas dans les comédies françaises du moment !

dimanche 14 juillet 2013

World War Z, un énième film catastrophe?

World War Z alias le film que je n’aurai jamais été voir en temps normal. Sauf que c’était compter sans Brad ! Alors oui j’ai enduré un film catastrophe et même du Brad doublé… Et on va dire que j’ai un peu regretté et surtout que j’ai eu confirmation que ce genre de films n’est absolument pas ma tasse de thé. Le monde qui doit être sauvé d’une météorite, d’une invasion de visiteurs de l’espace ou encore d’un virus improbable et tout cela par un seul et unique homme, c’est un peu too much pour moi. Après, je conçois parfaitement que ce film ait plu.  Personnellement je n’aurai pas aimé me retrouver face à un des millions de zombies qui sévissent dans le film. D’ailleurs, je l’ai vu en 3D, somme toute pas vraiment utile sauf pour une scène où moi comme une partie de la salle avons littéralement hurlé à l’apparition d’un zombie venu d’on ne sait où !
Ce qui me dérange (et là c est une généralité), c’est les invraisemblances qui se multiplient. Par exemple, le garçon qu’ils croisent au début de leur course-poursuite et qui perd ses parents contaminés par des zombies en folie ne verse pas une larme et se remet plutôt bien de cette disparition violente… Et puis les fameux héros qui font toujours les bons choix (la route à prendre, l’antidote à s’injecter…). Et ces mêmes fameux héros qui portent tout sur leurs incroyables épaules, qui sauvent 6 milliards d’êtres humains (enfin un peu moins vu tous ceux qu’on voit mourir entre temps !), c’est juste trop incohérent et trop fictif pour moi… Ce qui m’agace aussi pas mal, c’est ce côté toujours parfait de la famille américaine de rêve, qui s’aime même après des siècles de mariage, dont les enfants sont toujours gentils et bien élevés et qui vivent dans une harmonie délirante ! (non, promis je ne suis pas énervée J )
Ah et j’oubliais le Brad pour lequel j’ai pris mon courage à 2 mains. Ce Brad qui a choisi on ne sait trop pourquoi de s’enlaidir avec une coupe limite crado qui ne lui va pas franchement. J’ai envie de dire à Angélina d’intervenir d’urgence là ! Où est le sex symbol de Seven ou de Meet Joe Black ???
Malgré tout je ne regrette pas d’y être aller rien que pour la présence de notre petit Frenchy, du sublime Grégory Fitoussi qu’on aperçoit aux côtés du monstre sacré d’Hollywood et qui incarne le pilote d’avion qui prend la poudre d’escampette !
Bon, je vais quand même tempérer mes ardeurs. Le film est malgré tout bien construit. Le final m’a quelque peu surpris, pas si proche du happy end prévisible auquel j’avais songé (et c est tant mieux !). Et puis les zombies font vraiment peur et rien que pour les effets spéciaux bravo !
Donc voilà même si ce n’est pas mon genre de prédilection, le film est bien réalisé et sait faire monter une tension palpable dans toute la salle de cinéma. A voir pour les amateurs du genre et pour les fans de Brad bien sûr J