"Dans les maternités, d'après moi,
Il n'y a que des princesses et des princes charmants,
dans les berceaux en plastique.
Pas un seul nouveau-né qui soit découragé,
déçu, triste ou blasé.
Pas un seul qui arrive en se disant:
Plus tard, je bosserai en usine
pour un salaire de misère.
J'aurai une vie de chiotte et ce sera super.
Tra-la-lère."
Les quelques lignes qui racontent Vivement l'avenir m'ont intrigué. Le fait qu'il s'agisse de l'auteur de la tête en friche que j'avais vu et aimé au cinéma (on va éviter la polémique Depardieu) a fini de me convaincre.
Et pourtant les premières pages ont été assez compliquées. J'ai véritablement adoré le style d'écriture de Marie-Sabine Roger, teinté d'humour et de métaphores bien amenées. On se sent vraiment dans ce Nord de la France, au milieu de tous ces clichés qu'on ne saurait ignorer, parmi ces français de classe moyenne qui évoluent dans la grisaille ambiante. Le ton est donné. Le plus difficile est de s'immerger. Le temps d'installer les personnages, de chercher à comprendre où l'auteur veut en venir semble quelque peu longuet. Alex la bohème, nous situe cette vie de précarité, toujours temporaire dans laquelle elle se complait. Cette fois, elle la partage avec Marlène, Bertrand et Roswell, typiquement éteints et sans à venir.
Et d'un coup, le style change. Le Elle devient Il. De quoi se mélanger un peu. Jusqu'à ce que l'on comprenne que Cédric a pris le relais. Cédric c est un presque trentenaire, complètement paumé, étouffé par cette vie sans rêves.
Et au fur et à mesure que les pages tournent, on assiste à la rencontre de ces 2 vies qui gravitent en parallèle. Et l'ensemble s'anime. Devient plus intéressant. L'intensité du ton compense celle de l'action. Scènes d'un quotidien pesant éclairées par un final paradisiaque. Et vu l'obscur de la quasi totalité de l'intrigue, on s'attend à tout sauf à cette fin qu'on n'osait espérer.











