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lundi 23 mai 2016

Effractions

J'ai pu reprendre depuis quelques temps mon atelier d'écriture que j'avais abandonné pour cause de déménagement. Et franchement çà fait vraiment du bien de reprendre ce temps vraiment pour moi :)

"Portes, volets, murs, broussailles et aussi paupières, peau ou boîte crânienne... autant de barrières protectrices, de remparts qui séparent le dedans du dehors.
Derrière, il y a toujours de l'inconnu - et souvent on a bien envie de savoir de quoi est fait cet inconnu, cette intimité, cet "autre monde" si bien protégé.
Mais pour çà, il faut franchir la barrière, quelle qu'elle soit.
Parfois même, on est obligé de la "fracturer" pour pénétrer dans la matière qu'elle protège: entrer dans un lieu, une maison, un matériau, un corps, une pensée que l'on ne connait pas et où l'on n'est pas invité - entrer par effraction.

Ce soir, vos personnages vont vivre une effraction.
Vont-ils entrer en secret? par force? par hasard?
Est-ce une effraction solitaire? ou à plusieurs?
Est-elle volontaire? Préparée, préméditée? Soudaine, comme répondant à un désir subit ou à une nécessité?

Et qui sont vos personnages? 
Des bandits, des chiens errants, des voleurs de poules, des enfants? Des manipulateurs? Des perceuses électriques...?

(Mais on peut aussi vivre l'effraction de l'intérieur: avoir la sensation qu'une image, que des mots font irruption en soi de manière intempestive, comme par effraction; ou avoir conscience qu'on pénètre chez soi... Et que pensent le mur ou la montagne qu'on perce, l atome qu'on fissure, la terre qu'on creuse, le bois qu'on vrille?)

Contraintes:
- utiliser les mots que nous venons de tirer au sort, dans l'ordre P-A-R-E-F-F-R-A-C-T-I-O-N
- acrostiche: chaque paragraphe ou chaque phrase commencera par les lettres, dans l'ordre, de E-F-F-R-A-C-T-I-O-N-S "



En cet été caniculaire, j'ai envie d'autre, de différent. De moments de partage pour sortir d'un quotidien étouffant. Et surtout d'aborder ma vie routinière d'un oeil neuf et d'un pas sautillant!

Furtivement, j'arrive sur les lieux du crime! Autant vous dire que je rumine déjà et que je doute de mes capacités à faire ce bond en avant! Mon euphorie d'il y a quelques instants est maintenant retombée aussi mollement qu'un soufflé!

Formidable était l'idée pourtant! Un feu de camps en cette belle journée estivale, un petit bois feuillu pour protéger d'un soleil vaillant, quelques rhododendrons d'un rose éclatant, signe du passage de la main de l'Homme, des anémones offrant un parterre accueillant aux retardataires comme moi. J'appréhende pourtant cette entrée en matière et tous ces inconnus qui vaquent à des occupations plus ou moins attrayantes!

Ridicule comme à mon habitude! Je m'imagine des scénarios tous plus catastrophiques les uns que les autres. Je recule d'un pas, puis de 2 prête à renoncer quand soudain une délicate petite coccinelle se pose sur mon épaule. Je l'entends presque murmurer: "Courage, tu vas y arriver!" Ce signe bienveillant d'un destin supposé me revigore!

Allons-y! De grandes tables sont disposées en quinconce ce qui accroît inopinément mon angoisse. Quelle excuse puis-je inventer pour m'éclipser subrepticement? Quel prétexte falacieux puis-je donner à l'organisation de ce moment de convivialité?

C'est alors que d'un groupe un peu trop proche, émerge un jeune homme au tee-shirt vert olive. Alerte maximale, barrières solidement érigées et sécurisation du périmètre optimale, je suis prête! Visage fermé contre sourire désarmant... Ne pas flancher... Mes mécanismes de défense pourtant bien rodés ne semblent pas l'arrêter. Il me propose de rejoindre le petit groupe dont il s'est détaché et de me lancer dans une partie de quilles endiablée! Le prétexte valable que je trouve systématiquement se laisse désirer. Je n'ai d'autre alternative que d'accepter. Me voilà intégrée plus rapidement qu'espéré. La pression ne retombe pas pour autant. Mille et unes idées sombres fourmillent dans mon esprit dérangé. Ma maladresse, ma dramatique absence de conversation ou le stress qui transpire de chacun de mes pores vont inévitablement avoir raison de la sympathie ambiante. Et de l'oeil pétillant du jeune homme en question.

Toutefois, autour de la table s'écroulant sous le poids de victuailles qui pourrait nourrir un régiment, installée auprès de lui, partageant quelques bribes d'une conversation déliée et fluide, je m'avoue surprise. Et évidemment inquiète. Quel que soit le membre de la gente masculine, il a ordre de garder ses distances. C'est une règle qui ne souffre d'aucune dérogation possible. C'est une ligne de conduite que je m'impose et qui me protège de toute désillusion.

Il faut tout de même avouer que mes protections ancestrales ne semblent pas refroidir l'éclat lumineux de son regard... La soirée file à une allure folle entre jeux, chamallows grillés et fous rires incontrôlés. Une sensation inhabituelle monte au creux de mon ventre et une sérénité naissante m'impose un sourire d'une sincérité désarmante.

Oui, cet homme a réussi un tour de passe-passe auquel je ne m'attendais pas. Oui il est entré par effraction dans mon coeur et dans ma vie. Oui, il s'est emparé d'une clé que je pensais à jamais enfouie. Et oui cette irruption intempestive a provoqué par la suite une succession de sueurs froides.

Néanmoins, chaque jour, je remercie cette coccinelle d'avoir forcé ma destinée, je remercie mon coeur grillagé de s'être laissé transpercer et je remercie cet homme pour le soleil qu'il distille dans mon quotidien.

Souvenirs d'un imprévisible assaut par Violette Calamité

dimanche 10 janvier 2016

Donne à chaque jour la chance d'être le plus beau de ta vie... Happy New Year 2016!



Même si je partage coups de coeur et parfois coups de gueule ou avis sur des sujets plutôt culturels, je n ai pas l habitude d évoquer des sujets plus perso sur ce blog. Si au départ c était le but premier d'Humeurs de Filles, j avoue avoir vite abandonné l idée du fait du non anonymat de certains de mes lecteurs qui m aurait freinée dans mes écrits...


Bref, s il y a une chose à savoir sur moi, c est qu après l émulation que provoque le mois de décembre, j aime ce début Janvier où je me pose enfin, où je jette un coup d'oeil par dessus mon épaule et où je me plonge dans l année écoulée... Dans ses étapes clés, dans ses bonheurs indispensables et dans ses petits croche-pieds que peut parfois faire la vie. 



Même si à l heure où je vous écris, après plus de 3 mois d immobilisation la faute à un pied fracturé qui n en fait qu à sa tête , on pourrait penser que les griefs l emporteraient sur le reste, il n en est rien... Parce que le beau a largement pris le pas sur ce morceau de sombre.



Quand je relis les voeux formulés ici même l an dernier à la même période, je me rends compte à quel point 2015 a été  douloureuse et a laissé de profondes cicatrices. Notre quotidien s est teinté d angoisses, de questions sans réponses et d incertitudes quant à l avenir. Pourtant, je pense que la vie l a emporté sur la plupart d entre nous qui ont choisi de continuer à mordre dedans à pleine dents plutôt que de laisser la peur nous submerger... Même si la blessure est profonde, il était important de se relever et d avancer.



Après Charlie, il a fallu reprendre un peu notre souffle. Et surtout prendre conscience de la chance que l on a de vivre dans un pays de libertés. Cela se mesure au quotidien dans tous les actes petits et grands que l on accomplit sans même plus nous rendre compte qu une partie de notre monde nous envie et donnerait tout pour ces droits dont nous jouissons. 



Je n avais pas besoin de ce drame pour profiter de la vie et savoir à quel point elle est précieuse. S émerveiller devant ses petits bonheurs c est véritablement quelque chose que je cultive assidûment :)



Et je dois dire que 2015 n a pas été avare en la matière! De retrouvailles familiales en petites escapades amicales, d interludes musicales en parenthèses enfantines j ai été particulièrement gâtée en jolis événements cette année... Patrick Fiori, nos premiers mots et ce sourire qui change tout. Ce week-end avec une famille paternelle qui était aux abonnés absents depuis de longues années. Jérémy et ses Aristo qui me ravissent de plus en plus au fur et à mesure que le temps passe. Les mots que j ai pu poser les soirs d'atelier d écriture. Cette nuit magique bercée par les hurlements de la meute des loups blancs de sainte croix. Les retrouvailles avec mon Nautre et les espoirs qu il a fait renaître. Les soirées jeux et ses fou rires à la Scy-Tadelle. La bouffée d oxygène normande que m a offerte mon Essentielle... La liste est bien loin d être exaustive :)



Il y a eu surtout ces moments un peu creux qui se sont avérés avec le recul plus positifs qu espérés initialement. Rome et ses mésaventures qui n ont pas empêché le coup de coeur pour cette ville sublime et qui m ont permis de passer un temps précieux avec Elles. Ce départ pour Bali tellement appréhendé et qui finalement a été un tournant dans la relation que nous tissons depuis bientôt 13 ans. Mon départ pour Paris et cet escalier maudit qui m a pourtant permis de vivre une fin d année d un bonheur inattendu.



De 2015 je dirai qu elle a tenu ses promesses et même bien plus que cela. J avais un rêve romain qui est devenu réalité. J avais un objectif professionnel que j ai accompli après 4 années d un enfer pesant. J avais un espoir presqu'éteint dont la flamme s est rallumée sans crier gare...



Parce qu une année belle se mesure souvent aux rencontres et aux chemins croisés. Et je dois dire que de ce point de vue là l année qui s achève s est montrée particulièrement généreuse. Il existe des hasards qui font bien les choses, des évidences qui changent et illuminent votre quotidien et une route que je remercie infiniment 2015 de m avoir fait croiser. Une route qui me donne le sourire chaque matin et qui met des couleurs dans chacune de mes journées. 😊



Vous l aurez compris, le bilan est plus que positif. Ne manque plus qu un pied opérationnel pour que le 2016 de mes rêves auquel j aspire puisse véritablement commencer. 



Je vous souhaite à tous et à toutes que l année à venir soit parsemée d instants des bonheurs les plus essentiels, ponctuée de sourires quotidiens et d étoiles au coin des yeux et comble chacun de vos espoirs...



Une belle année à chacun des passagers en escale sur mon petit chez moi virtuel!!!



"La vie est semée de ces miracles que peuvent toujours espérer les personnes qui aiment."

Marcel Proust

dimanche 18 janvier 2015

Tuer, mode d'emploi

Je suis allée un peu à reculons à mon dernier atelier d'écriture, trachéite carabinée oblige. Et quand j'ai lu le sujet, ce rappel au drame de la semaine précédente, j'avoue être restée sceptique quant à ma capacité à écrire sur ce thème un peu sombre, mes neurones n'étant au top de leur forme!



"Il existe des manuels techniques et pratiques, des manuels de politesse, d'escrime, d'artillerie, de lecture ou de plomberie, des manuels d'éducation, des manuels scolaires, des manuels d'entretien et aussi des modes d'emploi de tous les appareils que nous utilisons. Mais à ma connaissance, il n'existe pas de manuel du parfait assassin: une espèce de mode d'emploi, ou de memento, à l usage des futurs meurtriers afin que leur crime soit parfait...

Puisqu'il n'existe pas, inventons-le!

A l'image des manuels que nous connaissons, ce "Manuel du parfait assassin" pourra aborder les thèmes suivants:
- une introduction sur l'utilité du manuel
- quelles armes? pour quel(s) usage(s)? Comment les manier?
- différentes manières d'assassiner
- qualités nécessaires pour un assassin modèle
- l'entrainement moral et physique
- le choix de la ou des victimes
- prévoir ses arrières
- qu'est-ce qu'un crime parfait?...

(Ma liste n'est pas exhaustive, loin  de là: à vous de choisir les points que vous avez envie de développer).

Etant donné le temps que nous avons ce soir, et la nécessité pour les futurs assassins de pouvoir emporter leur manuel partout avec eux, il faudra que le tout tienne en peu de pages... Il s'agira donc d'un abrégé!"

Eliminer les microbes en 5 leçons

On a tous eu affaire au moins une fois à l'ennemi juré numéro 1, l'invisible à l'oeil nu, perfide et insidieux: le fameux microbe! Mis au ban de la société, il se venge à coups de quintes de toux et de nez dégoulinant. Je vais donc vous livrer une méthode imparable pour le vaincre par KO et le laisser sur le tapis. Mais attention, chaque étape est à respecter à la lettre pour une mise à mort sans équivoque!

Leçon n°1: Les poignées de main tu éviteras

Il faut savoir que le microbe est adepte de la haute voltige! Souple et aérien, il n'hésite pas à passer d'une main à l'autre, d'une bouche à la joue du voisin avec une faculté déconcertante. Une seule solution cet hiver: deveniez asocial!

Leçon n°2: Des litres de miel tu avaleras

Monsieur Microbe et Madame Bactérie, acrobates dans l'âme sont également inégalables en escalade! A eux, l'ascension de cette gorge "cratérienne" ou de cette langue râpeuse! Il faut absolument miner le terrain. Le miel empêchera leurs petites papattes d'adhérer aux parois environnantes! Glissades garanties avant l'invasion projetée!
A vos cuillères, prêts, partez!

Leçon n°3: Tout risque tu élimineras

Comme explicité dans la leçon n°1, l'absence de contact tu privilégieras. Les microbes sont vicieux. Mais aussi très fidèles. Une fois qu'ils ont fait leur nid dans un chaleureux foyer, ils aiment y poser leurs valises et y élire domicile. Donc pour éviter tout ping pong viral, il est impératif de garder vos petits pensionnaires pour vous et de mener un combat solitaire! I
Il faudra donc vous débarrasser de maris, enfants, pères et mères! Vous devrez affronter ce démoniaque intrus sans quiconque auquel il pourrait conter fleurette! Aucune exception ne sera évidemment tolérée!

Leçon n°4: De métier tu changeras

On n'a pas idée de travailler dans une crèche ou une école! Les enfants sont à fuir hiver comme été, particulièrement en période de gastro ou de bronchite. Cette règle est fondamentale et d'une évidence absolue!
Qui vous a orienté vers cette vocation suicidaire, vers cette source intarissable de microbes en tout genre? Quelqu'un qui visiblement voulait votre perte!
Il y a tellement d'autres beaux métiers où vous serez en sécurité: gardien d'une île déserte, spationaute solitaire sur un satellite en perdition ou encore lecteur de manuscrit dans une grotte équipée de toute la technologie nouvelle génération! En bref, des moyens simples et efficaces d'éviter toute contagion intempestive!

Leçon n°5: Vaillamment tu lutteras

A combat de titan, armes à la hauteur! La petite décoction de Mémé, tu réaliseras. Des années que ce secret des Dieux est scrupuleusement gardé, transmis de mères en filles depuis la nuit des temps. Exceptionnellement (et pour les 100 modiques euros que vaut ce manuel exceptionnel!) je vais vous livrer cette recette familiale. Vous comprendrez bien que chaque ingrédient est indispensable. 
Commencez avec une pincée de feuilles d'un cerisier centenaire d'Amazonie. Ajoutez 4 gouttes d'eau de pluie de Croatie et 6 gouttes de citron de Varsovie. Sans oublier les 10 poils de koala du Kenya. Laissez infuser pendant 27 heures trente (très précises) puis avalez d'une traite. Renouvelez l'opération jusqu'à 3 fois si nécessaire. Vous pourrez trouver l'ensemble des ingrédients listés sur mon site internet dont les coordonnées se situent au dos de ce manuel!

Vous l'aurez compris, ces quelques leçons rudimentaires vous sauveront de la débâcle qui vous attend en cas d'attaque de germes virulents! En les appliquant au quotidien, vous vous garantirez un futur aseptisé, certes un peu morne mais comme le dit si bien le dicton: La monotonie est mère de sûreté!


samedi 17 janvier 2015

Ces voeux traditionnels attendus en début d'année




Comme depuis un certain temps déjà, je traîne un peu les pieds pour mettre mon blog à jour. La faute à un milliard de choses à faire dans la vie réelle et la culpabilité de perdre du temps à des "futilités". 

Une semaine après le glas qui annonçait le début des hostilités et de l'année 2015, je sentais que je devais me prendre par la main et écrire ce fameux premier message de rigueur. Sauf que le 7 Janvier, les circonstances et 2 individus véritablement inhumains m'ont empêché de vous souhaiter du beau pour les 365 jours (enfin un peu moins) qui allaient s'en venir. 

Difficile en effet d'être légère après un drame aussi traumatisant, difficile de passer outre les Je suis Charlie de soutien, de passer outre les larmes de peine immense et même de passer outre la colère de constater une fois encore que la vie humaine n'a aucun prix pour certains barbares qui se revendiquent "vengeurs" d'un prophète qui ne cautionnerait certainement pas ces actes terroristes. 


Et puis la France s est levée, belle, unie, émouvante. Et cette France m'a donné envie de vous souhaiter, non pas une simple année à la hauteur des espoirs qu'a engendré une telle manifestation de solidarité mais un à venir plus serein, plus lumineux, plus pacifiste aussi... Un à venir où régnerait la tolérance, la différence et l'empathie. Un à venir tourné vers le vivre mieux, le vivre bien, le vivre ensemble. Et plus personnellement une année teintée de bonheurs simples et quotidiens.

J'en profite pour vous remercier pour vos J'aime sur Facebook qui m'encouragent à persévérer,  pour vos visites impromptues sur le blog (le cap des 100 000 a été dépassé au moment des fêtes), pour vos petits commentaires qui permettent des échanges toujours sympathiques. Merci donc fidèles lecteurs :)

Pour terminer, je ne prendrai pas de bonnes résolutions que je ne tiendrai probablement qu'une poignée de semaines mais j espère réussir à être plus assidue que ces derniers mois...

Bonne et heureuse année à tous!

jeudi 13 mars 2014

Atelier d'écriture: Hiberner

Nous les humains, nous ne connaissons pas l'hibernation.

Pourtant depuis l'Antiquité, depuis que Perséphone est descendue aux Enfers, nous avons bien du mal à nous lever tôt en hiver, nous avons envie de rester près du feu, sous nos lainages nos gestes se ralentissent...et parfois nous aimerions être des animaux qui savent se couvrir de poils et dormir jusqu'au printemps!



Et si nous hibernions?

Ou plutôt: si nous hibernions ce soir à travers nos personnages?



Ces personnages sont peut-être des animaux, pour lesquels l'hibernation est naturelle: que se passe-t-il en eux quand l'automne arrive, ou quand le printemps commence? Et que se passe-t-il pendant leur sommeil?



Ils peuvent aussi être des humains: quelles seraient leurs sensations s'ils arrêtaient toute activité jusqu'à s'endormir?

Et pourquoi, comment, quand, se mettraient-ils à hiberner? Serait-ce volontaire, individuel, irrépressible, convenance sociale? Comment seraient les relations entre eux? Comment seraient la vie, la ville, la société, si ce rythme s'étendait à toute chose?



Contrainte: placer dans chaque paragraphe du texte une phrase de la "litanie exquise" d'aujourd'hui.

Tous les ans, j'appréhende les feuilles brunies, les jours qui s'étiolent et les rituels qui accompagnent ces phénomènes naturels. Tous ces piaillements autour de moi me sont chaque année de plus en plus insupportables! J'entends sans cesse des "Quand je dors, je me promène dans de vastes prairies de bonheur insoupçonné" ou des "Quand je dors, il n'y a plus de vide, j'abandonne ma solitude".

Sauf que quand je dors, moi, ce n'est pas du tout la même chanson! Quand je dors, des ombres dansent et hantent mon sommeil! Avouez que ce n'est pas bien gai, surtout quand votre nuit dure 3 mois! Alors, dès que les préparatifs débutent, je sens l'angoisse monter. Faire des réserves en se gavant de nourriture dégoulinante et grasse, vérifier son stock d'édredons et d'oreillers en plume d'oie de Laponie et surtout régler toutes les factures et les affaires en cours. Mes parents m'ont proposé de parquer ma voiture dans leur cour, tous mes prélèvements sont planifiés, ma mère m'a livré une montage de choux à la crème et dans 2 jours, commence mon calvaire...

Comment leur faire comprendre que quand je dors, je redeviens un enfant? Un sans défense, un dépendant, un en attente. Que j'ai la sensation de perdre des instants précieux et de laisser filer une vie déjà courte. Alors oui, ce sont les règles, une contrainte universelle, un indispensable pour l'humanité. Notre planète a besoin de respirer et de recharger ses batteries. Et surtout d'échapper un peu à l'Homme. Mais Est-ce vraiment la bonne solution? N'y avait-il pas des sacrifices autres à faire avant cette hibernation forcée? Quand je pense aux dauphins qui voguent dans des eaux redevenues claires, quand je pense aux biches qui broutent une herbe débarrassée de pollution ambiante, je sais pertinemment que c'était une décision vitale. Malgré tout, quand l'herbe dort, je redeviens néant. Quand elle respire, je cesse d'exister et cela me terrifie.

Il me reste 2 jours pour élaborer le plan parfait. Trouver un terrier où attendre le temps qu'un sommeil profond gagne toute la population. Réfléchir à un moyen de survivre à cette inactivité totale sans polluer ni déranger la faune et la flore. Nos néfastes habitudes sont bien compliquées à contourner. 3 mois de solitude et d'air pur, cela me laisse rêveur! Parce que j'imagine que quand je dors, dansent les arbres dans la nuit endormie. Et que je me consume de l'envie de partager ces moments qu'on ne connait que dans les lourds volumes qui peuplent nos bibliothèques.

Cà y est, ce soir, je plongerai dans un nuit longue d'un trimestre. Enfin c est ce qu'ils croient tous. Je me réfugie dans une petite cabane au fond des bois échappant ainsi à la vigilance des autorités compétentes. J'attends. Longtemps... Pour être sûr que les résistants au sommeil soient tous avoués vaincus. J'attends encore puis j'entends une vie autre qui prend possession des alentours. Une vie sereine ponctuée de bruissements d'ailes et de craquements de brindilles. Quand ils dorment tous, tout prend vie dans un tumulte sans nom...

Je risque donc un pied hors de mon refuge secret. Je respire un air déjà épuré. Quand soudain, j'aperçois un rayon qui fonce à toute allure vers une cible, qui ne semble autre que moi. Je me désagrège instantanément...

Et j'émerge enfin d'une nuit agitée quelques minutes avant que mon réveil ne sonne le glas et ne m'indique qu'il est temps d'aller travailler!






samedi 15 février 2014

Atelier d'écriture: L'assiette du Pauvre

Pas vraiment inspirée pour celui-là! Il y a des jours comme çà. Mais c est ce qui est intéressant aussi dans ce genre d'exercices. Rien n'empêche dans quelques mois soit de retravailler le texte, le peaufiner ou le creuser un peu et rien n'empêche non plus de reprendre l'intitulé pour partir dans une direction complètement autre!






Dans la littérature, depuis l'Odyssée, il arrive que la porte s'ouvre et qu'un étranger entre dans la maison où on lui offre une place au bout de la table; et on partage avec lui le repas tout en écoutant son histoire.

L'étranger est généralement un voyageur, un pèlerin, un mendiant, un égaré. Dans les contes, déguisé, il est souvent aussi un démon tentateur, un ange bienfaisant, ou bien encore un dibbouk, un sorcier, une fée... Mais, quel qu'il soit, son arrivée entraîne toujours un changement dans la vie de ceux chez qui il frappe.

Ce soir, comme on le faisait encore traditionnellement dans les campagnes il n'y a pas si longtemps, l'assiette du pauvre est posée au bout de la table.

Il y  ceux qui sont à l 'intérieur, et ce qui existe dehors: où placerez-vous votre narrateur (ou votre personnage)?
Est-il à l'intérieur de la maison? Est-ce lui qui a mis le couvert ou qui a pensé à poser l'assiette? Comment va-t-il agir dans cette histoire? Mais il peut aussi être celui qui est dehors -- l'inconnu(e)/
 Et... la porte s'ouvrira-t-elle?

Contrainte: commencer et terminer le texte par "un jour".^



Un jour, il est parti. Ou peut-être a -t-il disparu ou encore a-t-il été enlevé?
Un jour, je saurai. J'aurai les réponses tant espérées à mes questions.
Un jour, peut-être...





Mais aujourd'hui comme chaque soir, dans ma petite chaumière au fond des bois, j'émince quelques carottes, pèle une pomme de terre et effeuille un poireau.



Sur le feu de la cheminée, mon chaudron bouillonne d'une eau prête à accueillir cette poignée de légumes.
Le temps que mon bouillon mijote, j'approche mon rocking-chair de l'âtre et reprends mon tricot où je l'avais laissé.






Le doux fumet de mon repas envahit l'unique pièce à vivre...





Alors comme chaque soir, je prends sur l'étagère, les 2 assiettes de rigueur, les verres et couverts qui les accompagnent. Je verse la soupe dans chacune des écuelles et m'installe.





Au bout de la table, elle est là, seule comme toujours. Cette assiette fumante qui l'attend autant que moi. Je fixe la porte et laisse les minutes s'écouler. Il sait que le diner est rituellement servi à cette même heure. Précise.





Je continue de faire glisser mon regard de cette porte désespérément close à cette horloge qui avance à toute allure.





Je finis par me lever pour jeter quelques bûches au feu agonisant. Je reprends ma place. Et mon attente.





Le bouillon est froid. Et comme chaque soir, je l'avale mécaniquement.



Il est tard, il ne viendra plus. Je lance cette assiette inévitablement pleine au fond de la cuvette où s'entassent toutes celles qui l'ont précédé.





Ce n'est donc pas pour ce soir...






Un jour, il est parti. Mais peut-être reviendra-t-il. Un jour...

samedi 5 octobre 2013

Atteindre la perfection

2 ateliers successifs et donc 2 thèmes concordants. 2 thèmes qui m'ont beaucoup moins inspiré que d'habitude sûrement parce qu'ils me parlent un peu trop :)

Après les péchés de la semaine dernière, tentons de devenir parfaits!

Comment y parvenir?

Evidemment, on peut être poussé vers la perfection par le désir de sainteté (comme les "parfaits" cathares).

Mais la perfection et le désir de perfection s'appliquent aussi à bien d'autres domaines: l'obsession de propreté de la ménagère qui frotte tout objet afin qu'il soit immaculé; la recherche du geste absolument pur du danseur ou du cheval de cirque; un raisonnement à la logique imparable; l'envie d'être irréprochable par peur de l'autorité; imposer aux autres sa propre volonté afin qu'ils deviennent parfaits; ne pas tolérer la moindre erreur, ni chez soi ni chez autrui; exiger à tout prix que le monde soit tel qu'on le désire; chercher comme l'utopiste à rendre idéale la réalité...ou accomplir le crime parfait!
 
Quel serait votre rêve de perfection?
Ou plutôt: quelle est la perfection dont rêve votre personnage? Comment va-t-il tenter de l'atteindre?
Ou encore: comment va-t-il tenter de l'imposer ou de la faire atteindre à d'autres?
 
Et tous quels qu'ils soient- y parviendront-ils?
 
Règle du jeu:
1- Terminer le texte par le mot PARFAIT
2- Introduire dans le texte l'une (ou plusieurs) des sentences aléatoires que nous venons de fabriquer.
 
"Il reconnut qu'être parfait, c'est être incomplet. N'ayant que des qualités, il résolut de se donner des défauts" (Victor Hugo)
 
 
"Des arbres roses avec des plumes rouges en guise de feuilles. Quelques paillettes pour les faire briller. Des nuages verts trainant une poussière d'étoiles violettes. Là encore, je parsème de paillettes sinon çà ne serait plus des étoiles!
 
Et mon soleil? Je le verrai bien bleu. Mais turquoise hein pour aller avec les nuages!
 
Dans mon ciel jaune volent des escargots. Des escargots qui déploient leurs ailes de papillons. Ils survolent un château en forme de charlotte au chocolat. Miam!
 
Au pied du château, une princesse. A la robe décorée d'écailles de tortues oranges et avec le plus joli des diadèmes posé sur sa magnifique chevelure parme. Des paillettes pour le diadème cela va sans dire!
 
Et ma princesse, devine ce qu'elle fait??? Elle prépare de la potion magique dans un chaudron. Et tu sais qu'un chaudron parfait c'est un gouffre qui flâne verticalement! Le voilà, il est beau, non?
 
Autour d'elle dansent ses amis les chandeliers. Leurs flammes couleur saphir étincellent et se transforment en un giganteilleux (gigantesque et merveilleux si tu préfères!) arc en ciel sur lequel glissent de malicieuses notes de musique.
 
Cà y est j'ai terminé" s'écrie Sacha.
 
"Et bien," dit sa maman en souriant " pour une petite fille de 8 ans, tu as l'imagination fertile! Mamie sera contente, ton dessin est parfait!"



vendredi 4 octobre 2013

Péchés, bêtises et autres fautes...

C'est la rentrée pour tout le monde et surtout pour mon atelier d'écriture. Autant vous dire que j'étais toute guillerette de retrouver mes camarades! C'est un plaisir à chaque fois renouvelé de pouvoir jouer, inventer et surtout partager...
 

 
 
Qui ne s'est jamais trompé? Qui n'a jamais désobéi, jamais fait de bêtises? Qui n'a jamais repris de la confiture ou désiré le jouet du voisin? Qui n'a jamais eu envie de se vanter, de ne rien faire, de se mettre en colère?
 
Depuis toujours, péchés, bêtises ou autres fautes sont là: paresse, avarice, colère, envie, luxure, gourmandise, orgueil... Les 7 "péchés capitaux" sont prêts à servir. C'est-à-dire à nous donner du plaisir par la satisfaction de nos désirs - il est tellement délicieux de paresser, d'être gourmand, de faire une belle colère ou de plonger dans la luxure!...
 
Quel serait votre "péché" préféré?
Comment votre personnage va-t-il y céder? Dans quelles circonstances?
Du désir au plaisir, en passant par l'interdit et la tentation, quel sera son chemin?
 
(Il y a aussi les péchés mignons, les péchés mortels, le péché originel, les bêtises de tout genre, les erreurs stupides...et les fautes de goûts!!!)
 
 
Je partage mon quotidien avec Madeleine, une vieille femme très douce qui fait de moi le presque roi de la maison. Madeleine, toujours vêtue d'une longue robe noire et blanche, une croix pendue à son cou, m'a gentiment recueilli quand j'étais tout petit, tapi au fin fond d'une ruelle sombre. Elle m'a prénommé Balthazar, souvent réduit à Balty.
 
Si vous saviez à quel point ma vie est belle.
 
A moi, les siestes, blotti dans le plaid qui recouvre le canapé. J'y passe le plus clair de mes journées sans le moindre remord, sans la moindre envie de vaquer à une quelconque occupation! Une vie de pacha!
 
A moi, les bons petits plats préparés avec amour par ma bonne Madeleine. Rien n'est trop beau pour moi: dés de foie, lamelles de jambon, savoureuses crevettes... Jamais je ne me lasse! Mais attention gare à celui qui ose s'approcher! Pas touche à mes petites douceurs, à moi et rien qu'à moi! D'ailleurs, je supporte mal que Madeleine porte son attention sur autre que moi.
 
Il faut dire aussi que je suis tellement mignon (elle me le répète souvent), tellement câlin, tellement parfait pour tout vous dire. C'est ce qu'on dit de moi de manière récurrente, je suis bien obligé d'y croire!
 
Quand elle me sert un plat trop peu appétissant quand elle met trop de temps à se lever, quand elle tente une approche alors que je n'aspire qu'à la tranquillité, je montre les griffes et je sors les dents! Je suis un vrai rebelle, un qu'on respecte, un qui fait sa loi et qui défend son territoire! Pas vraiment le choix dans le quartier où je vis, c 'est marche ou crève! Et un dur comme moi, çà marche la tête haute et la crinière luisante.
 
Je suis le roi des environs. Pas une petite minette ne me résiste. Vous penserez sans doute que je suis un coureur de jupons mais moi je dirai plutôt que je n'ai envie de décevoir ou de ne léser personne. J'ai le sens du sacrifice que voulez-vous! Alors quand elles se frottent à moi, quand elles font papillonner leurs yeux de félines, je ne résiste pas. On ne peut pas m'en vouloir!
 
Je suis simplement de ceux qui écoutent leurs envies et qui s'emploient ardemment à les satisfaire (et qui font en sorte aussi que les autres les satisfassent). Quand je veux quelque chose, je l'obtiens! Même s'il faut que je déploie toutes mes forces de persuasion pour y parvenir.
 
Ah non, je vous entends déjà! Vous osez suggérer que j'ai tous les vices? Moi, paresseux, avare, colérique, envieux, luxurieux, gourmand et orgueilleux? Parce que vous ne m'enviez pas peut-être? Vous pour qui tous ces péchés sont devenus capitaux? Vous pour qui céder à la tentation est formellement interdit?
 
Je le sais parce que j'entends Madeleine l'évoquer régulièrement aux jeunes enfants qui viennent passer leurs Mercredi après-midi à la maison. Elle leur apprend à ne pas s'y adonner, à rester dans le droit chemin, à écouter religieusement la parole de dieu (d'ailleurs qui c'est celui-là?)
 
En tout cas, à moi elle pardonne tout. Et oui, çà a du bon d'être un chat!
 
 

mardi 23 juillet 2013

Ma première bougie



Il y a tout juste un an, je décidais de me lancer dans le vaste monde de la blogosphère! Tout d'abord pour livrer, exorciser anonymement tout ce qui traverse la vie et l'esprit d'une fille (un jour, j'arriverai à dire femme ;)!!!).
 
Mais en cours de route, j'ai changé mon fusil d'épaule et me suis dirigée vers du partage, de l'échange, du culinaire, du littéraire et de la cinéphilite aigüe. Et de fil en aiguille, j'ai grandi, appris à maitriser les codes, découvert d'autres blogs et des personnes toutes plus sympathiques les unes que les autres.
 
Ce qui était un coup de tête, du totalement non-réfléchi s'est transformé en un plaisir et en une jolie habitude quotidienne. Désormais chaque petit plat est immortalisé et partagé, à chaque sortie des salles obscures, j imagine déjà les mots, les arguments, le positif et le négatif que je vais pouvoir ajouter à ma critique... En bref, je vis, je respire souvent blog. C'est une espèce de petit lien qui s'est tissé petit à petit, une petite toile dans la vaste Toile qu'est Internet.
 
Alors aujourd'hui, en ce jour historique (mais non, mais non, je n'exagère pas) et pour souffler cette première bougie, je voudrai vous dire un immense MERCI à tous, passagers éphémères, visiteurs qui déposent régulièrement une petite trace, anonymes récurrents, amis et famille toujours présents, bloggueur(se)s fidèles. Merci pour chacun de vos passages, merci pour le temps consacré, merci pour votre intérêt, Merci, merci, merci :)
 
Et si on se donnait RDV dans un an???
 
PS: J en profite pour souhaiter un très bon anniversaire à mon neveu adoré qui souffle lui ses 2 bougies <3
 

mercredi 10 juillet 2013

On a tous besoin d'un Jonatan dans sa vie!



 
D’un Jonatan, d’un Alfonse ou même d’une Pierrette…En bref, vous l’aurez compris, on a tous besoin d’une personne déclic, d’une personne qui vous change, qui vous booste, qui vous fasse avancer !
 
Pour moi, il s’agit donc d’un Jonatan, Cerrada de son patronyme qui, il y a tout juste  10 ans, est arrivé telle une tornade dans une vie réglée et banale à mourir. Vous savez le genre de vie où les journées s’égrainent, toutes semblables les unes aux autres, où les rayons de soleil semblent réservés aux autres et où l’arc-en-ciel est en option. Bon, ok, je noircis peut être un tantinet le tableau. Mais Jonatan fait partie de ces rencontres-phares, de celles qui vous révèlent à vous-même…
 
J’ai longtemps été une fille transparente, une fille qui longe les murs, le regard fixé sur le trottoir (bon, çà j’avoue que çà m’arrive encore). Une fille effacée, incapable de quoique ce soit, se contentant de terre-à-terre extrêmement rassurant. Une fille de, exemplaire et une femme de, qui vouait un culte à son amoureux, le seul capable de bien vouloir d’une fille de son genre. Une inexistante totale…
 
A 25 ans, il était clair que ma vie serait la même jusqu’à trépas ! Pas très exaltant je le reconnais mais méritai-je mieux que cela ? Et oui, niveau estime de moi, j avais atteint un seuil bien en dessous du niveau de la mer ! Et puis, il est entré dans ma vie, tel un prince charmant sur son destrier. Enfin plutôt tel un ptit blondinet maniant le micro mieux que personne. Alors oui, Jonatan, premier vainqueur de la Nouvelle Star, est celui qui a fait la différence et qui a tout bouleversé. J’entends déjà les petits sermons qui vont fuser mais ne vous inquiétez pas, ma psy est déjà passée par là et j’ai eu ma petite leçon de morale en règle. Si on n’est pas motivé à changer, si on ne s’ouvre pas à ce nouveau Moi qui sommeille en nous, même si un prince, un astronaute ou un ministre débarquent, il y a peu de chances que le miracle se produise. Alors oui (je me répète !), j’y suis peut-être un tout petit peu pour quelque chose dans cette Céline nouvelle qui végétait probablement au fond de moi (tellement bien enfouie que j’ai mis 2 décennies et demie à la trouver !). Vous constaterez que ma thérapie n’est pas si inutile que çà !
 
Cela en a longtemps amusé certains. On a taxé ce « coup de cœur » d’éphémère, de lubie et de tout un tas de qualificatifs sympathiques ! Mais trouvez-en vous des personnes capables de vous donner envie de vous dépasser, de faire des choses seule comme une grande, d’oser tenir tête à une famille étouffante et moralisatrice, de vous ouvrir aux autres, d’élargir votre espace vital et de prendre enfin la confiance suffisante pour oser être cette Autre dont je rêvais depuis toujours.
Et puis honnêtement, qui renoncerait délibérément à une telle dose de bonheur dans son quotidien ? Ce n’est pas comme si on vivait dans un monde tout rose, où la crise ferait partie des mythes d’un autre temps, où nous aurions tous un côté bisounours qui permettrait l’extinction des guerres, de la violence, du chômage et même des manifs anti mariage pour tous !Et bien moi contre la morosité ambiante, j’ai mon arme secrète, ma parade imparable, ses petits statuts qui suffisent à ensoleiller mes journées, ses révoltes et ses combats qui deviennent les miens, ses coups de cœur, sources inépuisables de découvertes heureuses (ou pas…)…Mais chuuuuut çà reste entre nous, je ne voudrai pas qu’on me vole ma recette de grand-mère !
 
Moi qui voulais écrire un article qui l’encenserait et lui montrerait à quel point sa flamme, sa gentillesse et sa générosité ont éclairé ma sombre décrépitude, c’est loin de ressembler à l’ode initialement prévue. Je voudrai faire comprendre au monde, à mes lecteurs ou plutôt à ces proches qui m’ont longtemps jugé que ce n’est pas simplement un Artiste. Qu’il n’est pas le seul dont la voix m’ait touché, que des artistes à soutenir, j en ai quelques-uns dans ma besace, des certes plus importants que d’autres mais que Lui est unique et que j’aime cette rareté...J’aimerai lui dire à quel point je chéris la complicité qui s’est installée, les instants si particuliers que nous avons partagé, chacune des étapes des 10 années passées, cette toile tissée rencontre après rencontre, le bonheur qu’il propage quand il est sur scène…Je ne fais pas cette déclaration par hasard, c est simplement qu’il y a tout juste 10 ans aujourd’hui, il était sacré premier vainqueur, nous le faisions monter sur le trône qu’il méritait. Et en ce jour anniversaire, je ne peux m’empêcher de me pencher sur celle que j’étais avant Lui, sur celle qui a disparu depuis et sur celle qui a grandi petit à petit pour devenir la fille épanouie, forte et confiante d’aujourd’hui (là, je l’admets j exagère un tantinet J ).
 
Tout ce chemin parcouru, ces petits pas posés les uns après les autres, les victoires qui ont fait tellement de bien à mon misérable égo, tout ce qu’il a provoqué, tout ce qu’il a transformé, souvent sans le savoir. Il fait partie de ces personnes dont chacun devrait rêver de croiser la route, de ceux qui font croire au destin ou font remercier le hasard. Il fait partie de mes indétrônables Essentiels, de mes Indispensables et des rares à qui je voue une reconnaissance quasi éternelle. Non, je ne suis pas dans l’excès, je vous assure. Vous me croiriez si vous voyiez les étoiles qui pétillent dans mes yeux à la moindre de ses nouvelles, si vous pouviez voir mon cœur se gonfler quand j’entends le son de sa voix. Il a cet effet presque magique...
Il est là comme une Evidence, un rayon de soleil dans une pièce...
 

lundi 17 juin 2013

Une bouteille à la mer (2ème épisode)

 
 
Nouvel atelier d'écriture qui reprend en fait les écrits que nous avons fait la semaine précédente. Il nous a fallu sélectionner une des bouteilles à la mer d'un de nos camarades d'écriture puis suivre les consignes suivantes. Beaucoup de surprises et de rires à l'issue de nos lectures respectives!
 
Votre personnage (ou vous même) trouve la "bouteille à la mer" dont vous avez le message entre les mains.
Dans quelles circonstances cette "bouteille" lui est-elle parvenue?
Le message est-il lisible? Compréhensible? Récent? Ancien? (ou futur???)
Que va-t-il en faire?
Ce message va-t-il modifier la vie de votre personnage? (et si oui: de quelle manière?)
 
Trainant les pieds, je erre sans but dans les rues animées de La Rochelle. Quelle barbe de me retrouver là, à suivre mes parents alors que tous mes potes sont partis faire du camping à Argelès. C'est ma punition, la conséquence de mes résultats scolaires, je le reconnais, plus que médiocres. Obligé de croupir ici, tout seul comme un con, dans une ville sans intérêt où je m'ennuie sérieusement.
 
Alors, je traine, vagabonde et explore certains recoins sombres. Les yeux baissés, j avance où mes pieds me portent et j'atterris dans une rue un peu trop passante à mon goût. Ce n'est pas que je sois sauvage mais il y a de quoi se faire piétiner tellement l'affluence est grande. Un homme plus pressé que la foule environnante me fonce littéralement dessus. Je m'écarte de justesse et me réfugie dans une petite niche qui m'avait échappé.
 
Je patiente quelques instants dans le vain espoir que le flux se désintensifie. Et mon regard se trouve capté par une tâche blanche tapie dans le mur de pierre d'une maison en presque ruine. On dirait du papier, un prospectus laissé à l'abandon probablement. La curiosité (et l'ennui) l'emporte et je tire sur ce trésor bien à l'abri des regards. La pluie est passée avant moi et fait gondoler cette feuille pliée et repliée. L'encre a coulé. Malgré tout, je devine une écriture féminine toute ronde et plein de fantaisie. Quelques phrases y sont jetées à la hâte. J'essaie tant bien que mal de déchiffrer ces mots qui ne me regardent certainement pas! Mes yeux s'arrondissent de stupeur!
 
"Ah quelle douleur, quelle douleur que la mienne, celle d'
Une pauvre petite fille noyée dans la foule
Sur qui passent et repassent les passants qui
Effacent ainsi mes tracas tandis qu'ici j'écris avec
Corps et tripes et sang répandus sur le sol
Où je m'étale entre pieds et bitume
Unique pourtant et très humaine
Ratatinée au tapis dans mes rêves
Soudain criant ma peur aux humains qui m'engloutissent"
 
Je regarde autour de moi, scrute les environs. C'est une blague? L'écriture semble tremblante, hâtive. Un drame s'est-il joué ici? Je replie ma précieuse découverte et rentre au plus vite dans l'appartement que loue mes parents. J'allume mon Ipad et tape "accident jeune fille La Rochelle" sur Google. Rien de concluant, rien qui ne concerne le quartier en question. Avec "meurtre" peut-être. Non plus. Je cherche l'adresse de la médiathèque et y fonce sans plus attendre. Réfléchissons et soyons efficace!
 
Une semaine que je suis là et pas une goutte de pluie, le message est donc antérieur à mon arrivée. Vue la lisibilité encore nette du message, il ne doit pas avoir été déposé depuis des mois. Je demande à accéder aux archives des journaux locaux du mois passé. Je les épluche un à un, parcours les faits divers sans succès. Une dame s'approche de moi et m'informe que la médiathèque ferme ses portes. Mon dieu, quelle heure est-il? 20h et 4 messages affolés de ma mère. Je rentre penaud de n'avoir pas vu le temps passé mais surtout d'avoir fait chou blanc. Cette nuit là devient blanche tant mon cerveau tourne et retourne ces mots de détresse tellement mystérieux.
 
De bon matin, sous le regard médusé de mes parents habitués à me voir émerger sous les coups de midi, je pars chercher des réponses. Je sonde les rues alentours en quête d'indices. Rien, toujours rien. C'est frustrant! Je me décide à aller interroger les commerçants du quartier. Dans le café qui fait l'angle, je tombe sur des saisonniers qui ne sont au courant d'aucune affaire récent de cet acabit. Je me hasarde chez le marchand de journaux juste en face et tombe sur un vieux bonhomme à l'air revêche que je semble agacer avec mes questions. Dépité, je ressors et m'apprête à continuer l'enquête quand on me tape sur l'épaule. Une jolie blondinette me fixe de ses yeux espiègles.
 
"C'est moi!"
"Cà veut dire quoi c'est moi?"
"La lettre, c est moi! Je suis en vacances chez mes grands-parents et je m'ennuie tellement que je me suis amusée à glisser cette bouteille à la mer pour égayer mon quotidien morose! Et le destin fait que çà soit toi qui l'ai trouvé et qui ai relevé le défi! Tu gagnes donc une compagne estivale qui t'invite à boire un verre pour se faire pardonner cette farce de mauvais goût."
 
C'est ainsi que mon séjour qui s'annonçait morne et sombre s'ensoleilla d'un coup et que cette jeune fille en détresse me fit passer des vacances exceptionnelles!

dimanche 16 juin 2013

Nos 10 bougies

2003 fait partie des années marquantes de ma vie. Non pas parce que je me suis mariée cette année là (puisque le et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants n'est plus d'actualité!) mais parce que j'y ai fait une de ces rencontres qui changent la vie sans même qu'on s'y attende. J'ai laissé entrer dans ma vie, un peu par hasard et un peu par évidence aussi, un jeune homme haut comme 3 pommes à l'époque qui a débarqué sans crier gare.
 
Et ce jour-là, ce 16 Juin 2003, les jambes tremblantes, les mains moites et le cœur battant la chamade, j'ai osé, j'ai choisi ce chemin un peu différent et j'ai croisé un regard malicieux et un sourire lumineux. Notre première rencontre, un peu improbable pour la fille introvertie que j'étais alors, sur une espèce d'estrade improvisée, au milieu d'une foule oppressante. Quelques secondes et quelques mots...J'ai, pour lui, vaincu mes peurs, dépassé mes limites et fait les choix qui s'imposaient. J'ai affronté bien des réserves, bien des critiques aussi, des foudres violentes, des tempêtes verbales et ai persévéré envers et contre tout. Parce que cette première rencontre n'était qu'un début, parce qu'elle a été suivie d'une multitude d'autres de ces moments uniques et gravés.
 
Il arrive parfois, rarement en fait, que notre route croise celle d'une personne qui vous révèle, qui vous pousse à vous dépasser, qui vous rende plus grand et plus fort, qui vous fasse vous sentir meilleur et capable de vous transcender. C'est ce genre de miracle qui a eu lieu ce 16 Juin et plus généralement cette année-là. Symboliquement, naquit cette nouvelle Moi, cette autre Moi tellement plus heureuse, tellement plus épanouie...
 
Ce qui en a fait ricaner beaucoup, ce qui a provoqué bon nombre de haussements d'épaules et ce qui pourtant était tout simplement dans l'ordre des choses. Il est un de ceux que j'attendais, un de ceux qui ont rendu mon existence plus belle et plus ensoleillée, un de ceux qui me sont devenus essentiels.
 
Et aujourd'hui nous soufflons donc notre 10ème bougie. Ceux qui pensaient qu'il ne ferait que passer se sont trompés. J'ai cette certitude inébranlable que nous en soufflerons encore beaucoup et que nous passerons de nombreuses décennies à suivre la même route...
 
Joyeux anniversaire, joyeux début de Nous...
 
 

mercredi 5 juin 2013

Une bouteille à la mer

Nouvel atelier d'écriture, nouveau thème, nouvelles contraintes. Et toujours le même plaisir. Même si mon imaginaire n'est pas aussi déviant que je le souhaiterai...
 
 
Quand on parle de jeter une bouteille à la mer, les premières images qui viennent sont souvent celles de récits de naufragés, de vaisseaux fantômes, d'îles perdues dont Defoe, Melville, Stenvenson, Conrad, Mac Orlan, La Pérouse, Hemingway...(je ne parle pas des autres, ils sont trop nombreux!) ont nourri notre imaginaire.
 
La bouteille à la mer, c'est à la fois une tentative de survie, un appel au secours quand on est impuissant face aux éléments ou aux évènements, c'est un bricolage avec ce qu'on a sous la main (les "moyens du bord") et çà répond à un sentiment d'urgence.
...Mais l'urgence est illusoire, car la bouteille met du temps à voyager! Et finalement le message qu'elle contient sert surtout à témoigner d'une histoire très unique, à laquelle on pense ne pas survivre.
 
Nous allons rêver aujourd hui à ce que pourrait écrire notre personnage, s'il jetait une bouteille à la mer: dans quelle situation est-il? Que lui est-il arrivé? Que lui arrive-t-il? Pourquoi lui est-il nécessaire d'écrire ce message?
Est-il sur un bateau? Face au grand large?...Sur les bords d'un fleuve où les bouteilles peuvent flotter?...Ou encore ailleurs? (Car on peut faire naufrage ailleurs qu'en mer; çà peut arriver au volant, en famille, au travail, en vacances, en guerre, dans le désert, la forêt, la montagne ou n'importe où - les naufragés de la vie sont nombreux.)
Et si son message n'est pas dans une bouteille, où votre personnage le place-t-il? Sur quel support écrit-il?
Quoi qu'il en soit, le texte que vous écrirez sera celui qu'écrit votre personnage (son récit) dans l'espoir qu'il sera lu un jour...
 
Contraintes: Acrostiches
1 - les paragraphes ou les phrases de votre texte commenceront par les lettres A-U-S-E-C-O-U-R-S
2 - Il faudra placer dans votre texte les mots de la liste prédeterminée ensemble (qui correspondent à U-N-E-B-O-U-T-E-I-L-L-E-A-L-A-M-E-R )
 
Vous pouvez n'utiliser qu'une seule de ces contraintes. Ou les 2 si vous voulez faire compliqué!

Utopique espoir, je caresse. Etre un jour lue, percée à jour et secourue. Du haut de ma tour, jour après jour, nuit après nuit, je me flétris.

Néant, c'est à cela que se réduit mon quotidien. Les heures passent et se ressemblent inévitablement. Cette vie de solitude, ces matins ,toujours les mêmes, qui s'égrainent si lentement, inexorablement.

Effacer le passé, le présent et l' à venir. Ne plus croire en rien, voir s'envoler tout espoir. Vous, qui peut être tombez sur ce message de détresse tapi quelque part aux tréfonds de votre journal, êtes, qui sait, ma dernière étincelle.

Bateau, voguant sur des eaux troubles, mon âme se perd et se noie. Dans une routine inflexible, dans un déjà-vu inébranlable.

Oiseau qui a manqué son envol et dont les ailes blessées font obstacle à une liberté qui devient vitale. De chrysalide, je ne demande qu'à devenir papillon. Déployer mes ailes, briller de mille couleurs et virevolter de bonheur en bonheur.

Uniforme de rigueur, masque de circonstance, je reste impassible, ne montre pas mes failles. Qui pourtant éteignent inéluctablement ma flamme intérieure.

Tragique destin, histoire compliquée qui fait de moi celle qui vous écrit aujourd'hui, fragile et transparente. Je ne cherche pas votre pitié mais une simple main tendue qui ferait résonner en moi une ultime lueur d'espoir.

Elégant appel à l'aide lancé un jour d'espoir inattendu, je nourris le rêve que quelque part, un doux inconnu sera sur le rivage pour recevoir cette bouteille à la mer.

Imperceptible est ce souffle qui la mènera jusqu'à vous. Mes maux et mes mots trouveront peut être écho en vous.

Lumière qui scintille au bout du tunnel ou rayon de soleil aux reflets irisés, je cherche qui pourra éclaire mon morne quotidien et redonner un sourire à mes jours.

Libellule, hirondelle ou papillon, je n'aspire qu'à découvrir les merveilles dont regorge notre monde et en finir enfin avec le sombre qui est devenu comme un manteau d'infortune dont je m'accommode tant bien que mal!

Eclipse que je n'ai de cesse de voir trépasser, pour retrouver enfin celle que je fus jadis, lumineuse, forte et outrageusement optimiste. Soyez donc celui qui ouvrira la porte, s'engouffrera dans la brèche que j'ai pris soin de percer pour vous.

Atmosphère propice aux confidences, éclairée par une lune complètement pleine, je me livre et ainsi me délivre. Je jette cette bouteille et échappe à mon destin. Le reste ne m'appartient plus.

Loin de moi l'idée d'un dernier acte de bravoure, simplement une envie de poésie et de douce folie, une envie de briser les chaines et de laisser une fenêtre entre ouverte.

Aube claire qui se glisse et engloutit mon inspiration. Alors serez-vous joueur, téméraire ou chevaleresque? Prêt à prendre des risques et à relever le défi?

Mystère entier je reste donc. Qui se cache derrière cette longue prose? Qui est celle qui jette cette improbable bouteille à la mer?

Emanation d'un esprit tordu ou sincère appel à l'aide? Je sens le doute vous envahir mais je sais également que les connections cérébrales masculines incitent à la compétition et sont titillées par ce genre de challenge.

Rêverie ou cauchemar? Telle est la question. Il n'y a que moi qui puisse y répondre. Je vous attends donc Vendredi à 18h au bar Les Allouettes à Trouville à la table 17. A bientôt!

dimanche 21 avril 2013

A table!

Voilà la troisième édition de mon atelier d'écriture. Je commence à être un peu plus à l'aise dans ce groupe déjà formé depuis un moment. Et même si je reste dans un style bien défini et ai encore du mal à faire confiance à mon imaginaire, je sens l'importance de ce partage et de ces exercices qui ouvrent à d'autres réflexions et à d'autres techniques!

"Il faut manger pour vivre"... mais la civilisation invente le repas en commun, partagé.

Il y a des repas pris à la hâte, les repas rituels, les pique-niques, les "déjeuners sur l'herbe", les diners en ville, les repas de famille... Il y a aussi tous les lieux où l'on prend ce repas (la cantine, le mess, le self, le mac do, le restaurant, la salle à manger, la table, le pouce, le plateau-télé, la nature, le jardin, le carré...); il y a la décoration de la table, les nappes, les serviettes, les couverts, la vaisselle... et la préparation du repas!
Ainsi, peu à peu, après la cuisson des aliments, nous avons inventé des règles, des coutumes, des riters autour de cet acte vital: manger.

Mais nos vies, comme la littérature, sont parsemées de repas catastrophiques: en famille, au travail, entre amis et même en solitaire - nous avons tous quelques souvenirs de repas épouvantables.

On peut aussi imaginer le pire. que serait le pire (votre pire) pour un repas?
Votre ou vos personnages vont assister, ou participer, à un repas-catastrophe: quelle est leur catastrophe? quel est l'élément qui déclenche le scandale, la crise, l'horreur, ou l'enchainement cataclysmique?

Contrainte: placer dans le texte l'une (ou plusieurs) des répliques issues des dialogues aléatoires que nous venons d'écrire.



Aujourd hui, c est la fête des mères. Une tradition ancestrale nous contraint mon frère, ma soeur et moi à préparer chacun une partie de ce repas qui s'avère n'être, années après années, qu'une vaste farce.

Ma petite soeur est juste la parfaite ménagère. Mère au foyer, 2 rejetons sages comme des images, un mari qui cède à tous ses caprices et une cuisine rutilante où trônent tous les robots et accessoires culinaires dernier cri. Alors forcément ne sortent de cette cuisine que de brillants fraisiers, de crémeuses quiches ou de fabuleuses lasagnes dont la simple évocation suffit à vous faire venir l'eau à la bouche. 

Ce soir, elle amène l'entrée: une panacotta au parmesan et aux asperges vertes. J'ai comme une envie de faire demi-tour!

Mon frère s'occupe du plat. Mon frère qui a un don inné pour dénicher les morceaux de viande parfaits, les légumes les plus verts et la petite patisserie qui ne paie pas de mine mais qui fait des paris-brest à tomber par terre. Ce soir, nous aurons droit à de la souris d'agneau dont le goût sera probablement à la hauteur de sa parure accompagnée de petites pommes de terre roties et de fagots de haricots verts.

Je continue à me décomposer. Et bien oui, vous êtes arrivés à la bonne conclusion, je suis de corvée de dessert!

Ce qu'il faut savoir de moi, c est que je suis le vilain petit canard de la famille. Je suis une vraie catastrophe ambulante et pas seulement aux fourneaux. Alors, me confier le dessert, ce n était pas très malin!Ils me connaissent pourtant!Le sel à la place du sucre, c est moi, la tendance "au hasard" pour les proportions, c est toujours moi, le four jamais sur le bon thermostat c est encore moi!

Mais ils persistent, ils sont probablement un peu masos!

Je vois à leurs mines déconfites que je vais encore avoir droit à mon petit sermon de rigueur! Bon je reconnais que mon gâteau de savoie a mauvaise mine. Il est tout plat, légèrement bruni et ressemble à tout sauf à ce qu'il prétend être.

Maman, après un coup d'oeil blasé, propose de sortir une glace du congélateur. Mais non, ma chère soeur, cette perverse, suggère qu'on goûte à mon chef d'oeuvre, "vu le mal que j'ai du me donner!" Elle se permet une petite réflexion cinglante:

"T'as vraiment un souci avec les blancs en neige, ma pauvre" (sous entendu pauvre tâche même si elle n'ose pas aller au bout de sa pensée!)

"Mouchetée, toi même! Tu mets en doute mes talents de batteur!Attend voir un peu!"

Et je leur sers à tous une part de ce prévisible râté!
Je guette leurs grimaces et attend la volée de critiques qui va suivre.

Je lis en fait de l'étonnement, de la stupeur et une sincère surprise!

Malgré le pas assez de farine, les blancs trop plats et le soupçon de fleur d'oranger, subterfuge pour manquer un éventuel goût de brûlé, ma prouesse gastronomique n'est pas celle qu'avaient prévu mes convives toujours sceptiques.

"Tu l'as vraiment fait toute seule?"

Avec un large sourire, celui d'une victoire inattendue, je me fends d'un enthousiaste "Champagne"!!!!